Evaluation sensorielle : développement d’une nouvelle approche par immersion

15 mars 2010 Auteur: vsoldat Catégorie(s): Analyses Sensorielles

BE – Du 7 au 9 août, à HoChiMinh City, au Vietnam, s’est déroulée la deuxième édition du symposium SPISE 2009 (Summer Program In Sensory Evaluation), un rendez-vous international des spécialistes de l’évaluation sensorielle organisé tous les deux ans. Plusieurs chercheurs dijonnais d’AgroSup Dijon et du Centre Européens des Sciences du Goût (CESG), Unité Mixte de Recherche CNRS/Université de Bourgogne/INRA, ont participé à ce symposium présidé par Dzung Hoang Nguyen de la HoChiMinh-City University of Technology et Dominique Valentin, maître de conférences à AgroSup Dijon, qui dirige par ailleurs l’équipe « Psychologie Cognitive des Sens Chimiques » au sein du CESG. Associant des compétences issues de l’évaluation sensorielle et de la psychologie cognitive, cette équipe s’intéresse aux processus perceptifs et cognitifs qui sous-tendent les préférences alimentaires. Plus précisément, les travaux que mènent ces chercheurs visent à mieux comprendre comment l’expérience modifie les représentations mentales du monde chimiosensoriel et comment ces modifications de représentations modifient en retour la façon dont est perçu ce monde.

Dans le cadre de ce symposium, Catherine Dacremont, membre de cette équipe et professeur à AgroSup Dijon, a présenté les résultats d’une première expérimentation originale réalisée à l’occasion d’un travail mené en collaboration avec le Laboratoire d’Expérimentation en Sciences Sociales et Analyses des Comportements (LESSAC) que dirige le professeur Angela Sutan au sein de l’Ecole Supérieure de Commerce de Dijon, l’ESC Dijon-Bourgogne. « Cette collaboration, développée il y a deux ans, porte sur l’impact du contexte sur les comportements alimentaires, et plus spécifiquement sur les choix alimentaires. Décider de consommer tel ou tel aliment dépend notamment de l’environnement personnel du consommateur mais aussi de l’environnement dans lequel sera consommé cet aliment », explique la chercheuse dijonnaise.

Ces travaux ont nécessité la mise en oeuvre d’une nouvelle approche, une approche par immersion. « Il s’agit de recréer une atmosphère, un moment de consommation, à l’aide de quelques éléments de décor évoquant une situation réelle, afin d’augmenter la validité écologique des mesures qui sont faites », précise-t-elle. Ainsi, dans le cadre d’une manifestation culturelle organisée courant 2008 sur le campus universitaire dijonnais, ces chercheurs ont conçu un « bar expérimental » dont ils ont fait varier l’atmosphère et l’ambiance à l’aide de dispositifs audiovisuels. « Nous avons montré que ces variations entraînent des modifications des boissons que les participants souhaitent consommer. Par exemple, dans une ambiance calme et bleutée, les consommateurs préfèrent opter pour des jus de fruits, alors qu’avec une atmosphère plus chaude, dominée par des tonalités rouges, ils ont une préférence pour les bières, en particulier les bières brunes », résume Catherine Dacremont.

Origine : BE France numéro 231 (25/08/2009) – ADIT / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60183.htm

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